Biographie

Dès son plus jeune âge Pascal Pillard s’épanouit dans une sensibilité propice à la création, il est animé par des images mentales très fortes, il se souvient de ses rêves d’enfance jusqu’à aujourd’hui avec une étonnante précision graphique.
Son imagination le transporte vers des visions singulières, des questionnements sur l’immensément grand et l’infiniment petit, cette notion d’échelle le bouleverse, il n’a de cesse que de la faire revivre dans toute son oeuvre.
Toutes ses expériences et ses explorations le mènent au besoin viscéral d’observer, d’étudier et de transcender chaque instant.

Pascal Pillard ne sort jamais sans son carnet de croquis, il est le fil rouge de sa vie dans sa démarche pulsionnelle d’exacerber les émotions, sa vision poétique inspire toute son oeuvre.
Voulant lier l’espace et les arts, il passe un diplôme de plasticien de l’environnement architectural art plastique durant lequel il travaille avec l’architecte de renom Christian de PORTZAMPARC.
Porté par la puissante volonté architecturale de celui ci, Pascal Pillard se conforte dans l’idée que le dessin est le prolongement d’une pensée et non pas juste une fabrique de belles images.
Il est ensuite reçu aux beaux arts de Paris au sein de l’atelier du prestigieux peintre Vladimir Velickovic.
Au coeur de cette grande effervescence artistique associée au talent de ce grand maître, Pascal Pillard affirme déjà son audace et son authenticité.
Il y travaille entre autre la peinture, le dessin, l’anatomie et s’interroge en matières picturales sur les humeurs corporelles.
En 1998, lors d’un voyage en Chine, il côtoie les étudiants des Beaux Arts de Beijing et se lie avec des artistes dissidents chinois, il s’immerge dans cette période charnière, cette fin de millénaire annonciatrice de bouleversements géopolitiques, il nomme ainsi son diplôme, « Les quatre S du siècle » (sang, sueur, sperme, salive).

Ayant soif de découvrir de nouveaux territoires, et d’apprendre d’autres formes d’arts et de cultures, Pascal Pillard passe l’année 2000 à l’Australian National University où il obtient un master dessin et peinture avec mention High Distinction. Remarqué par l’attaché culturel de l’ambassade de France, il organise deux brillantes expositions « Landmarks » aux alliances françaises de Canberra et Sydney, un catalogue du même titre sera édité.
Landmarks, points de repères, sont des peintures aux lumières australiennes saturées, des cartes mentales et métaphysiques représentatives d’un pays hors d’échelle, toujours en quête d’approfondir ce concept qui lui est cher.
En rentrant en France il obtient des ateliers par la ville de Rambouillet et monte l’exposition « reconnue d’utilité publique »au Palais du roi de Rome, celle-ci s’organise tel un récit de voyage mêlé à des créations de trames et de motifs qu’il crée numériquement.
C’est ainsi qu’il collabore avec Christian Lacroix sur des design textiles pour la haute couture.
De retour à Paris il rencontre Deborah Zafman et rejoint son équipe d’artistes énergiques et subversifs, il participe à Slick, Drawing Now ainsi qu’à des expositions à Londres et Los Angeles en revenant sur l’étude des corps avec une vision plus crue et charnelle.
Sa série  « Soul skin », manifeste des corps violents et sexués exprimant ses propres traumas, chairs et viscères en exergue, libre est d’interpréter ce que l’artiste révèle de ses plaies.
Pour son exposition personnelle Pascal Pillard traite aussi de l’enferment familial et social, sur l’incommunicabilité à travers une « Réclusion » d’anatomies surréalistes, il propose ensuite une vision ironique de la société à travers une série de femmes « Pécheresses » aux couleurs évertuées du billet de dollar américain à la galerie Samantha Sellem dans laquelle il retrouve Vladimir Velickovic.

Avec ses grands formats à l’encre sans repentir, c’est la fin d’un cycle sur l’anatomie du corps et ses dissections, il s’ouvre à la nature, en analogie formelle de vaisseaux sanguins aux vastes ramures, il matérialise une transfusion d’affect dans ses paysages chargés de « Secret mélancolique ».
Lorsque son ami Marcos Carrasquer l’invite à participer à un cabinet de curiosités à la galerie Da End, autour d’un thème commun « les fleurs du mal », Pascal Pillard expérimente encore son écriture incisive dans une quête du dessin le plus honnête qui soit, son trait s’affine avec une virtuosité à la fois précieuse et onirique.
Dans sa série « Greffe lunaire », tel un naturaliste de l’intime, il pénètre au plus profond d’une aura végétale troublante et enivrante.
Dans le prolongement de son parcours atypique, Pascal Pillard revient aujourd’hui à la peinture associée à l’intensité et l’élégance de ses dessins.

A travers ses trois dernières oeuvres, l’artiste nous insuffle une immense vague d’oxygène et de résurrection.
Du matérialisme au songe, de l’isolement à la transcendance, de l’enferment au sentiment de libération, une émotion d’évasion nous envahit et nous transporte.
Les multiples symboliques des gammes de bleus nous font naviguer dans des mouvances envoutantes et tumultueuses.
Au coeur de « Résurgence  » des bleus profonds et intenses sortent des entrailles de la terre et de ses secrets originels, « Quintessence » crée une liaison avec les courants aériens d’«Ether d’exil ».
« Quintessence » est une série de photos d’impressions numériques sur aluminium d’une vision macroscopique de la création animée d’une toile, c’est la rencontre en mouvement de mélanges intimes d’encres, de vernis, d’aérosols avec de la peinture à l’huile et acrylique.
Deux notions d’échelle qu’il affectionne sont juxtaposées en métaphore, de vues satellites de la terre à une vision cellulaire de la matière.
Des instantanés fixent l’émulsion ainsi que l’agitation du geste de son créateur, il devient alors le catalyseur de ses propres expériences plastiques.
Avec son exposition personnelle nommée « Ether d’exil », il dialogue avec un monde à la dérive et convoque autant la vue que l’entendement, c’est un appel au partage, ses vaisseaux perdus en exil cherchent une terre, un point d’encrage.